La guerre des mots fait rage sur le net. De source proche du mouvement des
colons, on peut lire des propos diffamatoires concernant Shalom Arshav, qui
inviterait "les Arabes à expulser les Juifs du Goush Katif [1]".
La campagne "pour chaque soldat insoumis, un autre se portera volontaire",
est décrite sur un site très consulté comme "encore dans les limites du jeu
politique". Mais c’est pour mieux accuser l’"organisation d’extrême-gauche" d’en sortir, en se tournant, par-delà les "Israéliens qui servent dans Tsahal", vers "les habitants arabes de pays ennemis d’Israël ". Et d’enfoncer le clou : "Si l’on ajoute à cela le fait que dans la liste des pays concernés, comme l’Irak, l’Iran et la Syrie, on trouve un nouvel État, encore inconnu, la bande de Gaza, on a du mal à comprendre."
Certes... mais pour qui a la curiosité de chercher sur le site de Shalom
Arshav, directement incriminé par les auteurs de cette douteuse littérature, voire sur celui d’American Peace Now ou sur le notre [2] on a
surtout du mal à trouver la première lettre d’un tel appel adressé à quelque
citoyen que ce soit de tout pays autre qu’Israël - pas plus la France, la
Chine ou la principauté d’Andorre que n’importe quel État ou entité arabe.
Nous donnions sur cette liste il y a quelques jours le texte de la déclaration d’intentions à adresser, point selon nous essentiel, au chef des Forces armées israéliennes :
"Je me porte volontaire pour me mettre à la disposition des forces de sécurité israéliennes le jour de l’évacuation et pour apporter mon aide à la mise en œuvre de la décision gouvernementale concernant le retrait de Gaza et du nord de la Samarie. [3]"
À qui fera-t-on croire que celui-ci mobiliserait, le jour venu, des volontaires syriens, iraniens ou irakiens traversant nul ne sait comment de si paisibles frontières... ou des Palestiniens de Gaza en serviables voisins.
La désinformation est grossière mais, nous le savons depuis Ubu et quelques
dictateurs, l’hénaurme est encore ce qui passe le mieux. Nous invitons donc
nos lecteurs à opérer ces vérifications minimales sur nos sites et à relire la dépêche de Ha’aretz du 23 décembre traduite et diffusée sur cette liste.